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L'Euro : comment s'en débarrasser ? (Essai blanche) Details
L'euro s'est révélé un fardeau intolérable pour la plupart des économies européennes. Le retour du franc est-il souhaitable, nécessaire, possible ? Comment peut-il se faire sans drame et quelles en seraient les conséquences et implications politiques ?Jean-Jacques Rosa développe une analyse économique claire et rigoureuse qui répond enfin aux questions que vous vous posez sur le rôle, et l'avenir des monnaies nationales.

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Avec ses collègues Alain Cotta, Gérard Lafay et Jean-Pierre Vesperini, Jean-Jacques Rosa fait partie des opposants historiques de l'euro. Constatant que les faits ont confirmé les critiques qu'il adressait à l'euro, Jean-Jacques Rosa persiste et signe dans son ouvrage « L'euro : comment s'en débarrasser ». Son ouvrage est clair, agréable à lire et fourmille d'excellentes formules. Parmi elles, citons « De panacée dans les discours officiels, l'euro est devenu problème dans la réalité ». En effet, pour ses partisans, l'euro devait être un bouclier contre les crises économiques et financières. Il devait aussi accélérer la croissance, permettre le respect des grands équilibres budgétaires et éliminer les obstacles aux réformes. On a pu vérifier qu'il n'a apporté aucun de ces bienfaits. En revanche, c'est lui qui a conduit à la crise des dettes souveraines, aux programmes d'austérité et à l'explosion du chômage. L'euro devait également conduire obligatoirement à la convergence. Rosa montre très bien que, contrairement à ce que croyaient les partisans de l'euro, l'intensification des échanges, qui devait résulter de l'euro, et qui ne s'est d'ailleurs pas véritablement produite, n'est pas parvenue à homogénéiser les différents pays de l'Euroland. Ces pays sont restés hétérogènes et de ce fait la zone euro n'est pas une zone monétaire optimale. Qu'à cela ne tienne, répondent les partisans de l'euro. Pour faire tenir cet ensemble disparate, il nous faut un budget fédéral. Espérant bien que le budget fédéral conduira lui-même inévitablement à un Etat fédéral. L'euro était donc cela : le moyen de forcer les peuples à accepter un Etat fédéral. Mais Rosa montre très bien que de même que l'euro est un échec parce que l'Euroland n'est pas une zone monétaire optimale, de même un Etat fédéral européen serait un échec parce que cet Etat ne serait pas une « zone étatique optimale ». Rosa a raison de rappeler la divergence des politiques diplomatiques des différents pays européens, comme on l'a vu par exemple lors de la guerre du Golfe. L'originalité et l'intérêt du livre de Rosa est de ne pas partir de présupposés politiques, mais de placer la question de l'euro sous le double éclairage de la théorie économique et de la théorie de l'information. Il montre ainsi que l'euro est destiné a servir les intérêts d'un cartel constitué par les emprunteurs structurels que sont les ?tats, les grandes entreprises multinationales et les grandes banques, qui désirent maintenir le prix de l'argent aussi bas que possible par le biais du contrôle de l'émission monétaire de la BCE, mais aussi par le biais de la limitation des émissions d'obligations souveraines. D'où l'arsenal du pacte de stabilité, puis du traité budgétaire avec les plans d'austérité qui les accompagnent. L'ouvrage de Rosa montre également que la révolution de l'information rend obsolète la recherche de la centralisation par le biais de la constitution de grands ensembles comme une Union monétaire ou une Europe fédérale et qu'elle doit conduire au contraire à un mouvement de décentralisation qui demande plus d'information que la centralisation. Rosa conclut son ouvrage en se demandant : « Comment tout cela va-t-il finir ? ». Il répond : « Mal pour l'euro, mais bien pour les économies des ?tats membres ». Les inconvénients, les défauts de l'euro sont tels que l'on n'a pas de mal à penser comme l'auteur que, quoiqu'il arrive, l'euro ne restera pas dans la configuration qu'il a aujourd'hui. On n'a pas de mal non plus à penser comme lui que le fait, pour les ?tats membres, de se débarrasser du carcan de l'euro et de retrouver leur souveraineté monétaire ne peut qu'améliorer leur situation. En revanche, on peut sans doute reprocher à Jean-Jacques Rosa de sous-estimer un peu les difficultés que rencontreront les ?tats membres lors de la fin de l'euro et le retour aux monnaies nationales. C'est bien d'ailleurs la peur de ces difficultés, beaucoup plus que ses soit - disants bienfaits, qui est aujourd'hui le véritable ciment de l'euro. Le retour aux monnaies nationales s'accompagnerait inévitablement dans un premier temps d'une hausse de la dette, à moins que l'euro ne disparaisse totalement, ce que l'auteur a l'honnêteté de reconnaître. Cela étant, Rosa fait remarquer, ce qui est rarement souligné, que la hausse de la dette sera d'autant plus faible que l'euro aura fortement baissé au préalable. Jean DAVOULT


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